Rencontre nationale de réflexion sur le rôle et l’impact de l’humour québécois

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Jean-René Dufort, Chantal Lamarre, Jean Dion, Serge Bouchard, François Avard, Boucar Diouf, Serge Chapleau, Christian Vanasse, Rose-Marie Charest, Antoine Robitaille, Dominique Lévesque, Pierre Huet, Jean-Herman Guay, Benoit Dutrizac, Marc Cassivi, Yvon Deschamps et plusieurs autres…



Les Québécois ont, depuis toujours, été des fous d’humour. En effet, dès les premiers balbutiements de la colonisation française en Amérique du Nord, l’humour aurait fait partie du langage populaire et aurait été un élément déterminant de l’évolution de notre champ sémantique. Le sociologue Marcel Rioux suggère d’ailleurs que, pour le colon français, l’humour aurait d’abord servi d’outil de résistance. Le rire aurait ainsi permis au nouvel arrivant de lutter contre l’apitoiement sur soi et le découragement face à la rigueur du climat1. Au fil des siècles, l’humour s’est de plus en plus immiscé dans la culture québécoise. De la « Grande noirceur » qui a –paradoxalement- vu naître un foisonnement des cabarets burlesques, à la Révolution tranquille d’où émergea l’humour contestataire en passant par la période post-référendaire de l’humour absurde2, les humoristes québécois ont toujours su discourir sur les faits marquants de leurs temps. Aujourd’hui, certains se questionnent sur la surabondance d’humour dans notre société. Or, si la popularité des humoristes peut parfois paraître excessive, cette dernière témoigne tout de même d’un sentiment d’identification profond qui gagne à être analysé plus substantiellement. Certains éléments ont certainement contribué à mousser la popularité des humoristes auprès du public québécois : d’abord, les comiques ont su investir les nouveaux médias, particulièrement la télévision, ce qui assura la démocratisation et une certaine appropriation régionale de l’humour. Ensuite, le développement d’une réelle « industrie de l’humour » au tournant des années 1980 a permis aux artistes de proliférer et de se professionnaliser. Organisé et bien structuré, le milieu de l’humour offre aujourd’hui une multitude de supports promotionnels à ceux qui désirent faire carrière dans le domaine : École nationale, festival de renommée mondiale et prospérité de son industrie confèrent désormais une crédibilité et une solidité à ce métier en constante évolution. Toutefois, ce milieu est également l’objet de critiques récurrentes de la part des médias et des intellectuels québécois…


Tant les artistes que les promoteurs, les diffuseurs que les théoriciens s'interrogent sur le rôle et l’impact que prend actuellement l’humour dans la société québécoise : Quelle place peut-on lui accorder dans le processus de construction identitaire ? Peut-il avoir une utilité concrète dans notre quotidien ? L’humoriste est-il un objet d’identification ? Est-il libre de créer? Se perçoit-il comme un acteur de changement social ? Quels sont les défis à relever pour les jeunes de ce milieu? Au cours de cette grande rencontre, le public aura la chance d’échanger sur ces questions avec des praticiens du milieu de l’humour et des analystes (sociologues, anthropologues, journalistes). Une occasion unique de s’interroger, sans rire, sur la place du comique –et des comiques- au Québec.

1Marcel Rioux, Les Québécois, Paris, Éditions du Seuil, 1974, p. 62.
2Sur l’approche thématique et temporelle de l’humour au Québec voir Robert Aird, L’histoire de l’humour au Québec de 1945 à nos jours, Montréal, VLB, 2004.



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